5 sens

DSC00601Lors de mes dégustations de thé japonais, le matin, je me suis rendu compte que 4 de mes 5 sens fonctionnaient, comme pour permettre au 5è d’entrer en sommeil et de m’apaiser tout entier.

Toucher. Verser délicatement l’eau du yuzamashi dans le kyusu. Prendre à 2 mains le kyusu, sentir cette argile rouge au toucher crayeux, soyeux. Prendre à pleine main le yunomi, le faire tourner, y appliquer doucement les lèvres.

Voir. Admirer sans jamais en être rassasié ses ustensiles sur la table vide. Le bois, la terre, les végétaux dans le vase. Harmonie des formes, des couleurs, des textures…

Goûter. S’imprégner de cette liqueur de sencha au plus profond de soi. Tantôt épaisse, soyeuse, onctueuse, verte. Tantôt beurrée, crémeuse, riche et dense.

Sentir. Les parfums des feuilles sèches dans la théière chaude, de la liqueur dans la tasse, des fleurs de saison dans le vase.

Être tout entier à ces 5 sens pour faire silence. Faire silence en soi. Faire taire ces voix parasites, ce bruit de fond qui nous enveloppe tous. Ces « si j’avais su… » d’hier, ces « vivement ce soir… », ces regrets, ces envies, ces peurs,…

La tasse intimement lovée au creux de la main, chair contre argile. Admirer le tableau qui s’offre à nos yeux. Goûter, sentir la symphonie des arômes et parfums de la nature incarnée par le thé. N’être que sensations, corps. Pour sentir le flux s’assagir, calmer les vagues et voir devenir étale la surface du lac.

5 sens