comblé

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de gauche à droite :  guinomi Ido Omae Satoru – yunomi Shino Tsujimura Shiro – Yunomi Setoguro Hori Ichiro

Je viens de recevoir un merveilleux Yunomi, ici à droite. Mes ustensiles pour le thé japonais se concentrent ainsi sur  l’image suivante :

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D’où le titre de l’article : je suis comblé. Il est impossible de se dire, considérant cette photo, qu’il me manque quoi que ce soit pour vivre d’intenses et beaux moments de thé japonais. 7 formidables kyusu. 10 superbes tasses.

J’ai besoin de fixer la cadre, pour y peindre de riches paysages de thé, stabiliser le décor pour y mettre en scène des moments apaisants. Quitter la dictature de l’après qui me dit que ça sera forcément mieux avec tel ou tel autre nouvel ustensile…Me poser avec cette riche famille d’ustensiles autour de moi.

 

comblé

tasse paysage

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Il est fascinant de constater que les ustensiles que l’on manipule lors d’une dégustation de thé reproduisent à petite échelle les paysages naturels qui nous environnent. J’ai réalisé cela cette semaine lorsque j’avais en main ce Yunomi Inbe (Bizen) de Morimoto Yoshinobu.

Le corps de la tasse est fait d’argile, donc de terre cuite. Argile, la fraction minérale de la terre que nous foulons chaque jour, seule est absente la fraction organique (vivante), l’humus.  La couverte naturelle produite lors de la cuisson au feu de bois plusieurs jours durant, est faite de cendres qui se sont déposées sur la tasse tantôt en fines paillettes, tantôt en coulures plus épaisses et longues. Cendres issues de la combustion de bois, d’arbres de nos forêts.

En somme donc, cette tasse est un paysage miniature : un substrat de terre-argile noir sur lequel s’érigent de vénérables vestiges de nos arbres sous la forme de cendres vert kaki-jaune.

Les feuilles de thé, vertes et pleines de vie, viennent à propos redonner vie à ce paysage. C’est un printemps perpétuel grâce à ces merveilleuses feuilles, une floraison chaque matin pour notre plus grand bonheur.

tasse paysage

contact et constance

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Oku-midori de Ashikubo / Kyusu Taisuke Shiraiwa / Ido Guinomi Omae Satoru

Une des rares fois où j’infuse un sencha futsumushi dans un kyusu shudei – en terre rouge. Question de feeling…je préfère mes shudei avec des fukamushi sencha, sencha plus fragmentés, à la liqueur vert trouble, mêlées de fragments de feuilles…J’aime le contact avec la terre rouge, soyeuse, lisse. Comme pour rendre plus intime le contact entre la liqueur et la théière, donc entre la liqueur et moi. Besoin que moi, la théière, la tasse et la liqueur de thé nous ne formions qu’un. Cette histoire de contact est très importante dans ma relation à mes ustensiles et mon thé. Contact entre la liqueur et le kyusu puis le yunomi, contact des ustensiles avec mes mains et lèvres. Je recherche donc des matières vivantes, non fermées – émaillées, mais pas trop brutes (terres brutes à couverte naturelle de cendres), juste milieu qu’il n’est pas aisé de trouver…

Autre constante de ma pratique qu’illustre cette dégustation : je n’aime pas trop faire varier les combinaisons thé-théière-tasse. J’ai mes combinaisons favorites, que je répète souvent : fukamushi – shudei kyusu – yunomi, futsumushi – yakishime kyusu – guinomi. Je n’aime pas papillonner au milieu de nombreux ustensiles pour composer au gré de mon envie du moment une combinaison inédite. J’aime me sentir chez moi, retrouver des ustensiles familiers, associés entre eux souvent de la même manière.

contact et constance